que dans cette ville, aujourd’hui si riche en livreset en auteurs, on n’eût pas trouvé, à la fin dui5 e siècle, une seule Bible à acheter et qu’au mi-lieu du 14% aucun des membres du chapitre nesavait écrire.
Parmi les noms de ces écrivains aborigènes, j’aivu avec plaisir celui de Bodmer, savant aimable,.littérateur éclairé et honnête homme, qu’on pour-rait surnommer le Platon de l’Athènes Suisse . Jene puis me refuser au plaisir de transcrire uneanecdote qui lui est relative et que j’emprunte àM. llamond : celui-ci, en se faisant présenter à cevieillard respectable, fut frappé de son extrêmeressemblance avec Voltaire qu’il venait de quitter;il lui en fit l’observation. « Si je ressemblais entout à M. de Voltaire , répondit Bodmer, il nemanquerait rien à ma gloire , mais peut-êtreM. de Voltaire serait-il plus heureux s’il me res-semblait davantage. » Il y a plus de vraie philo-sophie pratique dans cette réponse modeste quedans tout le Dictionnaire Philosophique .
A côté de Bodmer se trouve Lavater dont on a,je crois, beaucoup trop parlé de son vivant, ce quilait peut-être qu’on en parle trop peu aujour-d’hui. Ce n’était, il me semble, ni un homme degénie ni un bon écrivain. Son système, beaucoup