— 83 —
ville suisse . Les maisons, propres et bien soignées,n’offrent, à quelques exceptions près, aucunes pré-tentions architecturales. Sur la porte de la plupartd’entre elles, se lit une inscription gravée dansla pierre, telle que : au Limaçon , au Cierge ,au Berceau , au Bouc , Dès le premier abord,l’étranger croit voir autant d’auberges, mais legrand nombre de ces inscriptions ne tarde pas àle détromper. L’usage en est fort ancien et lesvieux bourgeois de Zurich y rattachent une foulede circonstances relatives à l’histoire de leur ville.La maison du Bouc , par exemple, a donné sonnom à une association jadis célèbre dans le pays;c’était là que se réunissaient des jeunes gens dé-terminés , appartenant aux premières familles etqui, à l’époque où Zurich alliée avec l’Autriche ,faisait la guerre aux Suisses , se rendirent redouta-bles par leur audace aventureuse. Au nombre desoixante, ils sortaient de la ville en partisans armésjusqu’aux dents, guerroyaient pour leur proprecompte et revenaient chargés de butin, ou rame-nant des prisonniers considérables dont ils tiraientde fortes rançons. Quand Zurich fut forcée defaire la paix avec les confédérés, ces sabreurs in-trépides (schwertler)en furent exclus àla demandede Schwytz . Le conseil répugnait à admettre cette