Band 
Premier volume.
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Les voyageurs qui se trouveront à Zurich unmercredi, feront bien d’aller, vers les sept heuresdu soir, au casino, où se réunit la société desamateurs de chant, fondée et dirigée par M. Nai-gueli. Elle compte trois cents membres environque ce maître habile a formés. Ils exécutent, enparties et sans accompagnement, des morceauxde caractères différens composés par lui ; c’est ad-mirable d’ensemble et de justesse. Ce chœur dedeux ou trois cents voix d’homme, d’un timbremâle et grave, produit un effet auquel, malgréma vieille expérience musicale , j’étais loin dem’attendre. Ce n’est point de la musique savantequ’on entend là, ce sont des champs nationaux,religieux et guerriers, ou bien même des chansonsde table. Dans la plupart des villages du cantonde Zurich et des cantons environnans, il existe desemblables sociétés dont M. Naigueli peut être re-gardé comme le fondateur. Cette institution chezles protestans se lie à leur culte ; la musique vo-cale fait partie en conséquence de l’éducation pri-maire ; aussi n’est-il pas rare d’entendre dans lestemples des campagnes, chanter les cantiques enparties avec une grande perfection.

Le rigorisme des anciennes mœurs et l’influencedes ministres se sont opposés, jusqu’ici, à ce qu’il