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y eût un théâtre à Zurich ', bien que les habitai!»de toutes les classes y aiment le spectacle avecpassion. On s’occupe maintenant à bâtir une salle,et tout fait espérer aux entrepreneurs qu’elle nerestera pas vide , du moins pendant les premièresannées. Il y en a déjà quelques-unes qu’il s’étaitorganisé une société d’amateurs, composée en en-tier d’artisans , qui, ayant couru les pays étran-gers , en avaient rapporté le goût du théâtre, avecquelques réminiscences suffisantes pour jouer, tantbien que mal, devant des spectateurs d’un goût2>eu difficile, les pièces qu’ils avaient vu représen-ter à Dresde, à Vienne et à Berlin . La troupe sesuffisait à elle-même, quant au matériel, vu qu’ellecomptait dans son personnel, des ouvriers detoutes professions. Le cordonnier, père noble, bot-tait gratis le héros ferblantier, qui, en retour lerevêtait de pied-en-cap d’une armure resplendis-sante. Grâce à cet heureux concours , la troupe setrouva prête, et le jour de la première représenta-tion fut annoncé ; quelques plaisans de la bonnesociété se procurèrent des billets, dans l’intentionde rire aux dépens de ces Roscius de boutique,mais il en advint autrement, et, au lieu de s’a-muser des acteurs, ils s’amusèrent de la pièce. Labonne compagnie en masse se porta en conséquence