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tissent la société contre l’abus que des passionsperturbatrices pourraient faire de ces moyens d’ins-truction mis à la portée de tous. J’ai examiné lespetites bibliothèques de plusieurs habitations depaysans, elles se composent, presque toujours,d’une Bible , de plusieurs livres de dévotion dontles titres sont quelquefois singuliers ', de quelquesTraités d’agriculture à la portée de ces lecteurssimples mais intelligens, et, par extraordinaire,d’une Histoire de Guillaume Tell écrite en style delégende, ou bien un ou deux volumes contenantles faits et gestes de quelque brigand fameux ; ilne m’est jamais arrivé d’y rencontrer un ouvrageimpie ou licencieux. S’il s’en colportait de pareilsdans les campagnes, ils trouveraient peu d’ache-teurs, et le magistrat du lieu, quittant sa charrue ,s’empresserait de venir appliquer les règlemens depolice qui en prohibent la vente. Dans ces tempsd’exaltation fébrile qui accompagne et suit les ré-volutions , la lecture des journaux, plus incen-diaires en Suisse que partout ailleurs, a bien causéquelque effervescence parmi les habitans des cam-pagnes, que les clubs travaillaient activement,
i. L’Apothicaire de l’ame, l’Échelle du ciel, le Jardinet duparadis, la Cassette-au-trésor, etc.