Band 
Premier volume.
Seite
105
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J’ai vu exercer une compagnie de ces carabi-niers zurichois , dont l’adresse et le sang-froid sesont fait remarquer lors de l’invasion des Français ;embusqués dans un bois au nombre d’une cen-taine , ils empêchèrent, pendant deux jours, lecorps de Masséna de passer la Linnnat; ils pre-naient pour point de mire les officiers du géniechargés des travaux du pont de bateaux et n’enmanquaient aucun ; il fallut effectuer le passagesur un autre point. On est frappé de la bonne te-nue de ces hommes sous les armes ; c’est que laplupart d’entre eux ont servi et apportent dans cescorps d’élite les habitudes militaires. L’archiducCharles disait d’eux : « Que les Suisses conservent« soigneusement cette arme, c’est la seide qui« puisse leur être d’une utilité réelle si jamais ils« ont à soutenir une guerre dans leurs mon-« tagnes. » Tous les cantons, au reste, paraissentconvaincus de cette vérité, et ne négligent rienpour entretenir, parmi les populations, ce goûtou plutôt cette passion pour l’exercice du tir. 11n’est pas un petit village qui n’ait sa société de ti-reurs se réunissant à jour fixe; souvent il y a desréunions de tous ceux du canton, et dans ces cas-làune prime est décernée aux plus habiles ; c’est or-dinairement une arme d’honneur. On fabrique à