certs publics, Zurich ofire peu d’agrémens de so-ciété, et cette observation s’applique à toutes lesvilles où les deux sexes vivent habituellement sé-parés. Les femmes se renferment dans le cercle deleurs occupations de famille, tandis que leurs ma-ris et leurs fils vont, le soir, se délasser du tracasdes affaires dans leurs sociétés ou clubs qui leuroffrent, avec cette absence de toute gêne qui estle caractère des réunions d’hommes, le passe-tempsdu billard, de la pipe et du vin du cru, dont ilsarrosent la conversation politique ou commerciale.Celle de ces sociétés qui tient ses séances au Baugar-ten, a fait preuve de goût; il est impossible de boirede mauvais vin en plus belle vue; la première foisque j’y vins, il n’y avait que très peu de monde; lescomptoirs n’avaient pas encore lâché leurs prison-niers. Je m’assis donc sur l’esplanade et me mis à re-garder devant moi, rêvant et admirant tour à tour.Le concierge, avisant un étranger ainsi inoccupé,se fit un devoir d’hospitalité de venir lui offrir unepipe toute chargée , avec une allumette; je lui ré-pondis que j’étais indigne; il m’apporta, un instantaprès, une assiette qui contenait du pain , du fro-mage et un couteau , nouveau refus de ma part ;mais mon homme ne se découragea pas et repa-
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