l ut une troisième lois avec une chopiue de vin etun verre, je le remerciai encore ; pour le coup , ileût été difficile de rendre l’expression qui se ré-pandit sur ses traits; il contemplait, avec un airde profonde stupéfaction, mêlée de méfiance, lebipède insensible à l’attrait de la pipe, du fro-mage et du vin blanc, et semblait se demander àquelle race appartenait cet intrus suspect. Heu-reusement M. St.,., qui m’avait fait d’une ma-nière si obligeante les honneurs de la ville, vintme saluer et je fus classé.
On retrouve encore ici quelques restes des an-tiques moeurs , et il est un de ces vieux usages queje signale avec plaisir, parce qu’il atteste qu’ils’est conservé, dans la population, quelque chosede cette bonhomie, de cette honnêteté, de ce res-pect pour la foi jurée qui, on aime à le croire,étaient plus communes jadis que de nos jours.Lorsqu’un jeune homme et une jeune personneont fait choix l’un de l’autre, que leurs projetsd’union ont été approuvés par les paï ens, et que lacérémonie des fiançailles a eu lieu , ils ont aussitôtla liberté de se voir seuls; ils sortent ensemble ,font des parties de campagne tête à tête , sans quenul y trouve à redire. L’innocence de la jeune