ques prosateurs modernes. Au reste, Hugo Foscolda eu le mérite, assez rare dans les temps de révo-lutions , de rester fidèle à ses principes au prix detous les sacrifices. Après avoir, en vrai italien, ex-halé son éloquente indignation contre les auteursdu traité de Campo-Formio, et pleuré sur l’asser-vissement de sa patrie qui en fut la suite, il s’exilaen Angleterre, où il vécut de ses travaux littéraires}il y est mort il y a peu de temps. Quelqu’un quil’a connu intimement, m’a dit qu’il n’avait rien deromain dans son extérieur non plus que dans seshabitudes. Il était petit, laid, très fat et se piquaitd’être homme à bonnes fortunes, sans pour celaabandonner ses prétentions d’auteur.
On raconte que la petite ville de Rapperschwyldoit son existence à une circonstance singulière.Un certain comte Rodolphe de Toggenbourg, re-venant dans ses domaines, après une longue ab-sence , son sénéchal, en qui il avait une confianceentière, vint au-devant de lui avec le dessein delui dévoiler l’infidélité de sa noble épouse. Il com-mença par lui annoncer qu’il avait une chose dela plus haute importance à lui communiquer ensecret; mais le comte qui, peut-être, avait déjàconçu quelques soupçons et préférait, en hommesage, ses doutes à une désolante certitude, l'in-