gnât leurs murs. Le fait est difficile à croire; ilsn’avaient qu’à gratter le sol à la profondeur dequelques pieds pour ti-ouver l’eau horizontale.
C’est l’archiduc d’Autriche Léopold qui a faitconstruire, un siècle avant, entre Rapperschwylet Pfeffihon, le pont en bois qui réunit les denxrives du lac, dans sa partie la plus étroite. Cepont est, je crois, le plus long qui existe; il m’afallu , en marchant d’un pas ordinaire, vingt mi-nutes pour arriver au bout. Il est praticable pourles voitures, mais sans garde-foux, de sorte quesi l’on a affaire à des chevaux ombrageux qui s’ef-fraient du retentissement de leurs pas sur cesplanches mobiles, on court risque d’être culbutédans l’eau et de s’y casser le cou, en raison dupeu de profondeur; ce qui, au milieu d’un lac,est un genre de mort assez peu ordinaire. Il neparait pas que les attérissemens augmentent demanière à permettre de prévoir le moment où lesdeux rives, venant à se réunir, formeront deuxlacs au lieu d’un.
Dans les hivers très rigoureux, il arrive parfoisque le grand bassin du lac gèle en entier. Esclier,vieil auteur zurichois, raconte que la chose eutlieu de son temps et qu’un étranger, peu au faitdes localités et trompé d’ailleurs par une épaisse