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ferveur édifiante de la plupart des pèlerins, iln’en est pas moins vrai que le temps qu’ils em-ploient à l’accomplissement de leur vœu est autantde perdu pour leurs travaux et leurs devoirs defamille; pendant tout cet intervalle, ils dépensentle fruit de leurs faibles économies. Il est difficilede se persuader, en outre, que la même ferveur,la même foi de leur part ne leur eût pas obtenules mêmes grâces spirituelles et temporelles, s’ilsfussent restés chez eux , au lieu de venir les de-mander à cinquante lieues de là. Les occasions dedissipation et de relâchement qu’offre un aussilong voyage, doivent compenser, pour le plusgrand nombre le redoublement de dévotion qu’o-père en eux la vue des objets qu’ils sont venus vi-siter ; cet appel fait aux sens dans le but de rani-mer la foi, peut facilement tourner contre elle, etpuis , n’est-ce pas rapetisser l’idée que nous nousfaisons de la Divinité que delà supposer plus exo-rable en tel lieu qu’en tel autre? Au reste, S. Gré-goire, S. Augustin et S. Jérôme ont dit toutes ceschoses avant moi et mieux que moi. Le judicieuxet pieux Erasme a fait ressortir plus tard l’abus despèlerinages que l’auteur de l’admirable traité deY Imitation avait également signalé '.i. Livre IV, chap. I.
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