Band 
Premier volume.
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l'éloignement des habitations, dispersées sur lasurface du pays et rarement groupées en hameaux.J’ai vu, dans une description topographique ducanton, qu’en maints endroits, les enfans étaientobligés de faire deux et trois lieues pour aller àl’école et en revenir. Ce n’est guère que pendantune moitié de l’année qu’ils peuvent la fréquenter,le soin et la garde de leurs bestiaux absorbant toutleur temps dans la belle saison. Or, en hiver, lescommunications doivent être presque imprati-cables; il ne leur resterait donc, de compte fait,que trois à quatre mois par an à consacrer à leuréducation : il n’y a pas lieu de s’étonner de cequ’elle soit si fort négligée.

Le district d’Einsiedlen offre un aspect des plusmonotones ; aussi loin que l’œil peut s’étendre, onne découvre que des pâturages. Tous les habilanssont voués à la vie pastorale et ne subsistent quedu produit de leur bétail renommé pour sa beauté;il s’en exporte, chaque année, trois ou quatremille tètes pour l’Italie . Le peu de blé qui se con-somme dans le pays vient d’Allemagne ; on n’yvoit presque point de champs cultivés, et, il y atrente ou quarante ans, l’usage de la charrue etdu fléau y était inconnu. Le froment, à cetteépoque, s’y cultivait dans les jardins, comme oh-