Band 
Premier volume.
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140
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Afin d’éviter un long détour et d’arriver plus titsur le champ de bataille de Morgarten, je pris, ilRothenthurm qui en est à une lieue, un paysanqui, malheureusement, n’avait jamais fait le che-min par lequel il se proposait de me conduire. Ilrésulta de sa présomptueuse confiance qu’il nouségara complètement, sur le revers de la montagne,du haut de laquelle, cinquante bannis de Schwytz, ,déterminés à périr ou à reconquérir leurs droitsde citoyens, firent jadis rouler, sur l’avant-gardede l’archiduc d’Autriche , des rochers et des troncsd’arbres qui y mirent le désordre. J’avais besoin ,je l’avoue, de toute la puissance de ces intéressanssouvenirs pour prendre mon parti sur le désagré-ment d’errer à l’entrée de la nuit, au milieu d’uneépaisse fqrêt de sapins et sur une pente escarpéequi n’était pas tout-à-fait sans dangers. Monguide désorienté, s’efforcait de réparer sa fauteen courant, à droite et à gauche, à la recherched’un sentier frayé qui nous tirât de ce labyrinthe.D’après ses indications contradictoires, je gravis-sais péniblement en m'accrochant aux branches,ou bien je redescendais en me rejetant sur meshanches, me laissant glisser sur mes talons, et meprécautionnant, de mon mieux, contre les risquesd’une dégringolade dont il n’était pas aisé de pré-