Rigi que j’avais eu en perspective pendant toutela traversée. Les belles lignes cadencées de celtemontagne célèbre, l’élégance de sa forme pyrami-dale, le vaste développement de sa base qui, audire de mes bateliers, a plus de dix lieues de tour,captivaient toute mon attention. Son ombre pro-jetée sur le lac, me protégeait contre les rayonsdu soleil qui, jusque là m’avait gâté le paysage,en l’inondant d’une lumière trop éblouissante.J’en jouissais désormais sans mélange , et mon œilreposé errait sur tous les points de ce bassin sipittoresque, ombragé des plus beaux groupesd’arbres. En approchant du village d’Arth , jedistinguai, un peu au-delà, certaines éminencesgrisâtres qui, vues du point ou j’étais, avaientl’air de tas de décombres fraîchement remués, oude ces amas de graviers que les torrens accumulent.La distance m’abusait; ce que j’apercevais n’é-tait autre chose que les traces et les débris de l’é—boulement de 1806. Dès que je fus débarqué, jeme rendis sur le théâtre de cet épouvantable dé-sastre qui ensevelit cinq villages, et coûta la vie àquatre cent cinquante-sept malheureux, écraséssous les ruines de leurs demeures. D’après la re-lation que j’en ai lue, des pluies prolongées avaientprécédé et, à ce qu’on croit, préparé cet événe-
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