descendant des pâturages alpestres, y trouventencore de quoi vivre pendant quelques semaines.Ce petit pays, qui a de neuf à dix lieues en lon-gueur et sept en largeur, nourrit jusqu’à 16,000bêtes à cornes ! On reconnaît bien ici, en effet, larésidence d’une peuplade de pasteurs, point defabriques ni de magasins, nul mouvement indus-triel ou commercial dans ces rues, ou pour mieuxdire, autour de ces jolis groupes de maisons nonalignées, que séparent des arbres , des jardins etdes prés; on voit, à toutes ces figures, qu’elles n’ontpoint été étiolées dans l’atmosphère épaisse et en-gourdissante d’un comptoir ; on y remarque je nesais quel mélange de mâle fierté et de simplicité,répondant à l’idée qu’on se forme des ancienspâtres qui battirent les Autrichiens à Morgarten ;toutefois, s’il faut en croire les voisins, la sim-plicité des moeurs pastorales ne serait qu’à l’exté-rieur , et cette démocratie de paysans spirituels,mobiles et passionnés aurait plus d’un rapportavec la démocratie d’Athènes , à la culture et aupoli près. Les jours de la landsgemeinde', l’intrigue
1. Assemblée générale dont fait partie tout citoyen ducanton dès qu’il a seize ans accomplis. C’est dans cette assem-blée que réside la plénitude de la souveraineté; les conseilsne sont investis que d une autorité déléguée par elle.