Le voyageur chemine deux heures durant sur cesot bouleversé , et au travers de ces rochers accu-mulés, jusqu’au lac de Lovverz, jadis si joli, etdont une partie a été comblée par l’éboulement. Ila hâte d’échapper à l’impression douloureuse queproduit sur lui un tel spectacle, et c’est avec unsentiment de bien-être indicible qu’il approchede Schwylz et de ses rians alentours ; il croit êtredélivré d’un affreux cauchemar. Cependant monimagination , frappée par ce que je venais de voir,me faisait regarder, avec quelques appréhensions,la cime dégradée duMythen, qui semble menacerde sa chute, plus ou moins éloignée, le bourg flo-rissant bâti à ses pieds. Une longue traînée de dé-bris, qui, tous les hivers, s’en détachent, luitrace son passage destructeur jusque sur la placede Schwylz; mais les habitans n’en dorment pasmoins sur l’une et l’autre oreille. L’un d’eux medisait : « Oh ! le Mythen est encore solide ; il y a« bien long-temps qu’il dure. »
Les délicieuses prairies que l’on traverse , avantd’arriver , sont exploitées de la manière suivante :au printemps, on y met le bétail qui passe plustard sur les montagnes; puis on les fauche, dansl’été, et, au commencement de l’automne, on yrécolte un regain abondant, enfin les vaches, en