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étranger 1 ; de temps à autre, pourtant, ils lâ-chaient, par mégarde, un saget ihr, si cous plaîtqui, trahissant leur origine, provoquait un riremalin parmi les auditeurs lucernois.
Cependant la pluie continuait; le décourage-ment était peint sur tous les visages ; les guides,à chaque instant consultés, secouaient la tête etrépondaient d’un air morne qui augmentait en-core la consternation générale. Il faisait un froidpiquant, auquel on ne pouvait se soustraire qu’ense réfugiant dans la salle à manger où l’épaisse fu-mée qui s’échappait en tourbillons pressés, d’unedouzaine de pipes , vous exposait au danger d’unesuffocation imminente. Si par hazard le ciel venaità s’éclaircir, si les nuages s’entr’ouvranl un ins-tant , donnaient l’espoir d’apercevoir quelquechose, voilà qu’aussitôt nous nous précipitionstous hors de la maison, dans les plus grotesqueséquipages : les uns affublés de leurs couverturesde lit, drapées à l’antique, et armés en guise de
i. La prétention qu’ont les Bernois de bien parler français ,n’est ni nouvelle ni mal fondée, s’il faut en croire Albert deBoustetlen qui écrivait en 1481 : « Expeditiores omnes gal-« licam ferme sapiunt linguam et ornate fari soient. » Ils ontun peu dégénéré sur le dernier point, et l’adverbe orntiteest aujourd'hui de trop.