porte s’ouvre; lin nouvel arrivant, qui entre crottéjusqu’à la ceinture , réveille pour un moment l’in-térêt et la curiosité, on se groupe autour de lui ;les questions se croisent avant que d’attendre laréponse : « Fait-il beau temps en bas ? le vent a-t-«f il tourné? par quel chemin êtes-vous monté?a avez-vous rencontré M. un tel? Combien d’heu-« res avez-vous mises à venir? » Après ce succèspassager, le nouveau débarqué se fond dans l’in-signifiance générale, et revêt, peu à peu , la fi-gure d’uniforme, figure sur laquelle semble se ré-fléchir l’ennui de toutes celles qui l’entourent.
Je suis en mesure de fournir une.nouvellepreuve à l’appui du consolant système d’Azaïs,car, si j’ai éprouvé le désagrément de pouvoir re-présenter, d’après nature , les brouillards du Rigi j’en ai été dédommagé du moins par un phéno-mène assez rare et fort curieux dont j’ai été témoin,Tandis qu’errant dans les nues, je réfléchissaistristement sur mon mécompte et regrettais toutce que j’aurais pu voir de beau, le soleil, se fai-sant jour au travers des vapeurs, illumina, toutà coup en face de moi, un nuage, sur lequel jèdistinguai aussitôt une figure humaine qui s’agi-tait, au centre d’un petit iris circulaire, brillantdes couleurs les plus vives. Je me hâte d’appeler