un confrère pour le faire jouir de ma découverte ,et nous voyons, alors deux figures gesticuler dansl’arc-en-ciel, qui se peuple de plus en plus à me-sure que Le nombre des curieux augmente. Bien-tôt il est surmonté de deux nouveaux iris, et nousvoilà tous nous mirant àl’envi, dans cette psychéaérienne, et nous pavanant, couronnés de notretriple auréole. Il était amusant d’entendre les ex-clamations de surprise et de joie que la singularitéde ce spectacle nous arrachait, et de voir les atti-tudes, théâtrales ou grotesques, que prenaientceux qui étaient assez heureux pour trouver placedans le cercle magique.
Ce phénomène, que plusieurs voyageurs ontdésigné par le nom de miroir , me semble mériterà plus juste titre celui de lanterne-magique de lanature. (Ah! RL d’A””, quel vol je vous fais là!)L’astre du jour remplit ici l’office du bout de chan-delle , les nuées errantes remplacent le drap, etl’écharpe de la messagère céleste forme le cadre aumilieu duquel vous figurez, tout à la fois spectacleet spectateurs.
Après avoir payé le tribut de notre admirationà ce tableau fantastique, nous rentrâmes pournous attabler devant un dîner où le bœuf, vrail’rotée de cuisine, reparut successivement sous