se tend au moyen d’un cric, auquel nulle forcehumaine ne saurait suppléer. La flèche, égalementtrès courte et très peu élégante, est, en revanche,d’une grande solidité, et se termine par un ferquadrangulaire à pointe fort obtuse, mais assezbien trempée pour pouvoir faire son trou, ainsiqu’une balle, au travers des armures. Quant à lacorde, elle est en boyau, longue de deux pieds àpeu près, et de la grosseur du petit doigt. Ces en-gins meurtriers atteignaient leur but à une grandedistance , et les chroniques rapportent que Henride Hanenberg, retenu dans Arth par les Autri-chiens, décocha, par-dessus le mur, une flèchequi fut trouvée à mille pas de là avec un billet surlequel on lisait : « demain tenez-vous sur vos« gardes à Morgarten. » Les Suisses, incertainssur le point par où l’on se proposait de les atta-quer, durent leur salut à cet avertissement amical.
J’ai examiné aussi les redoutables morgenstern(étoiles du matin) qui jouent un grand rôle dansles victoires des Suisses . Ce sont des espèces demassues en fer, mais perfectionnées, et dont l’ex-trémité, qui se termine le plus souvent en boule,est hérissée de dtpils aiguës; cette arme , maniéepar un bras vigoureux, brisait casques et cui-rasses, fracassant les têtes et les côtes qui se trou-