Band 
Premier volume.
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arrivés à la fin à un tel excès de dénuement que,d’après le relevé fourni par le district d’Altorf au gouvernement central, plus de mille familles,formant le sixième de la population totale du pays,étaient réduites à vivre d’aumônes. Des centainesd’enfans furent adoptés par la charité des cantonsvoisins. J’engage le philanthrope opulent qui par-court cette route, dans une bonne berline, à ré-fléchir sur ces données exactes avant que de débi-ter des lieux communs sur les abus de la mendi-cité, au malheureux dont les sollicitations l’im-portunent. Eh ! ne voyez-vous pas, à ses traitshâves et flétris, aux haillons qui le couvrent àpeine, que la misère et ses horreurs ont passé parlà? que si vous en accusez la paresse des habitans,jetez les yeux autour de vous sur cette nature déso-lée, sur ce sol ingrat; observez ces prés rares etmaigres, soigneusement enclos de pierres amon-celées , et arrosés d’un filet d’eau amené à grandespeines ; suivez du regard ce pâtre qui, grimpantde rocher en rocher, s’en va, suspendu quelque-fois à une corde, faucher, au péril de sa vie, surle bord d’un précipice, quelques poignées d’herbeque ses vaches n’ont pu atteindre; peut-être alors,revenant de votre injuste prévention, tirerez-vous