Band 
Premier volume.
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d’eux allait jusqu’à sept ou huit cents livres; niaisils n’étaient pas d’une eau bien pure.

Après avoir dépassé Wasen , la vallée se rétrécitet devient belle à force d’horreur; à mesure quej’avançais, la végétation paraissait plus languis-sante; les arbres à feuillage vert, tels que les hêtreset les charmes, avaient successivement disparu, etétaient remplacés par de mélancoliques sapins etpar les plus admirables mélèzes qu’on puisse voir.Quelques-uns, et ce n’étaient pas les moins beaux,sortaient des entrailles mêmes du rocher, paraissantne se nourrir que de l’humidité qui suintait le longde leurs racines et de l’air vital des Hautes-Alpes .Les habitations, de plus en plus rares, annon-çaient une nature âpre et hostile, avec laquellel’homme semble redouter d’entrer en lutte, et jedécouvrais à peine quelques traces de culture surce sol appauvri. Cependant, un champ de pommesde terre, créé sur un immense quartier de granitqui s’était éboulé des hauteurs voisines, champdans lequel le propriétaire parvenait au moyend’une échelle , me rappelait 3Ialte rendue fertileà force d’art et me prouvait que l’indolence deshabitans n’était pour rien dans cet aspect généralde stérilité. La contrée, devenue graduellementplus sauvage, ne m’offrit bientôt qu’une effrayante