solitude, au milieu de laquelle mon œil attristéeût cherché vainement une maison , un arbre, ouquelque chose qui eût vie. Des deux côtés d’unegorge étroite s’élèvent presque verticalement à unehauteur étourdissante, des montagnes couvertesde débris de rocs qui pendent sur votre tête et sil-lonnées profondément, de leur cime à feur base ,par d’affreux ravins dans lesquels bouillonne l’é-cume des torrens. On n'entend, au fond de ce té-nébreux défilé, que le retentissement de la lleuss,dont les eaux tourmentées se brisent, et bondissenttoutes blanchissantes contre les blocs de granitdont son cours est encombré; elles forment une sé-rie non interrompue de cascades, au-dessus des-quelles tourbillonne une humide vapeur. Aprèsune heure et demie de marche, j’arrivai à ce fa-meux Pont du Diable dont j’avais trop entenduparler pour en être bien vivement frappé ; il n’a ,par lui-même, rien de bien diabolique, et j’enavais passé dans la journée quatre ou cinq quim’avaient beaucoup plus étonné par leur hauteuret la hardiesse de leur construction. Quanta celui-ci, le remplaçant qu’on vient de lui donner, le faitparaître encore plus mesquin. La chute tant van-tée de la Reuss m’a surpris, mais en moins; demême qu’à Schafliouse je m’attendais à mieux et
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