qu’on ne parv int à vous repêcher avant la suffoca-tion , le corps meurtri et les membres fracturés.Nous n’apercevions point de vaches, quoique cefût la saison de V Alpage, mais mon guide memontra, sur le flanc d’une montagne voisine, uneimmense pelouse, sur laquelle se détachaient unemultitude de points blancs, que je pris d’abordpour autant de petites plaques de neige. C’étaientdes moutons qui, chaque été, viennent, par mil-liers, de la Lombardie , passer trois mois sur cespâturages excellens, mais trop escarpés pour legros bétail, et qui, à la fin de l’automne, repor-tent, aux consommateurs de Milan , leurs succu-lentes côtelettes et leurs gigots chargés de graisse ;l’ours prélève quelquefois sa dîme sur le troupeau,et il arrive souvent aussi que quelques-uns de cesmoutons s’égarent et passent l’hiver dans la mon-tagne; ils reviennent à l’état sauvage et, s’ilséchappent à la dent des ours, ils finissent par êtretues à coups de fusil par les chasseurs de chamois.On remarque que la chair de ces fugitifs est beau-coup plus délicate que celle des moutons ordi-naires.
Je fis route, pendant la dernière partie de lamontée, avec un veau qu’on menait aux bains duBernliardin, non pas pour sa santé, à ce que je pré-