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semble que par sa légèreté enjouée et l’éléganteclarté de son style. Possédant une instruction plusétendue et plus approfondie que le patriarche deFerney , il s’en distingue surtout par sa philoso-phie douce et bienveillante ; s’il rit souvent, sonrire n’a j’amais rien d’amer ; il connaît les hommes,mais il en a pitié, et, tout en se moquant de leursvices et de leurs travers, il laisse voir pourtantqu’il croit à la vertu. Doué d’un goût exquis dontil s’écarte peu , et d’un sentiment des convenancesqu’on voudrait trouver plus souvent chez ses com-patriotes, il sait finir, et songe en écrivant, à satis-faire son lecteur plutôt qu’à se complaire à lui-même. Qu’on me pardonne cette petite velléitéde critique littéraire; il faut bien passer quelquechose à un pauvre voyageur que son cocher faitattendre.
A peu de distance de Splughen, on pénètre dansl’effrayant et pittoresque défilé des Roffles qui sur-passe tout ce que j’ai vu jusqu’à présent en Suisse ,tant par la coupe hardie des rochers et leur éléva-tion perpendiculaire , que par les accidens singu-liers qu’ils présentent dans leur entassement. Celtenature imposante est ornée par une végétationd’un caractère analogue. Des sapins vigoureuxcroissent en bouquets sur les pentes les moins ra-