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Premier volume.
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sion de la terre des vivans. Ici le Rhin se dédom-mage de la gêne qu’il vient d'éprouver ; il s’étendsans obstacles, et, bien que le volume de ses eauxne soit pas encore très considérable, son lit, mar-qué par des grèves blanchissantes, occupe un es-pace de près d’une demi-lieue de largeur, qui estrecouvert en entier à l’époque de la fonte desneiges.

Je voulais aller coucher à Coire , et je ne m’arrê-tai à Tusis que le temps nécessaire pour me pro-curer un cheval et une voiture ; j’eus tort : lavallée de DomleSbh aurait pu m’offrir de quoiemployer agréablement une journée. C’est ici l’oc-casion de m’accuser d’une faiblesse commune àpresque tous les voyageurs; cette faiblesse, c’estla manie d’avancer, d’être toujours pressé; ilsemble qu’une voix impérieuse crie incessammentà leurs oreilles la fameuse apostrophe de Bossuet :« Marche ! marche ! » ou bien qu’en se mettanten voyage, ils participent quelque peu à la malé-diction attachée au Juif-errant qui ne peut jamaiss’arrêter. J’ai eu, plus d’une fois, lieu de me repen-tir de n’avoir pas combattu les accès de cette fièvrelocomotive. En s’y laissant aller, on s’imagine ga-gner du temps, et l’on perd bien certainementdes jouissances.