Mes réflexions et ces deux anecdotes auront in-disposé contre moi les poétiques partisans du bonvieux temps ; je veux donc tenter avec eux,
« Quelque petit rapatriage. »
en disant ici deux mots en faveur de ces pauvresdroits féodaux qu’on a tant calomniés, faute des’entendre. Il est facile de prouver, l’histoire à lamain, qu’ils n’étaient pas, en eux-mémes , aussioppressifs qu’on s’est plu à les représenter, et que,dans la plupart des cas, ils découlaient d’un con-trat mutuel librement consenti, mais pour l’exé-cution duquel l’une des parties ne trouvait, à direvrai, de garanties que dans la bonne foi ou l’in-térêt bien entendu de l’autre. Reportons-nous autemps de la conquête qui a fondé, après tout, laplupart des droits existans. Supposons notre en-vahisseur sicambre ou franc installé dans la jouis-sance des terres que le chef dont il relève lui a con-cédées à titre d’usufruit, et dont plus tard nous leverrons fixer la propriété dans sa famille; une con-vention tacite s’établit entre lui et les paysans ha-bitant sur ses domaines : il leur laisse la vie, leursmaisons, leurs champs, à la condition qu’ils par-tageront avec lui les produits du sol qu’ils cul-