11 en est des victoires comme de toutes chosesici-bas: elles ont, elles aussi, leur destinée quileur fonde une célébrité durable ou les conda'mneà rester ignorées. Par quelle raison celle deFras-tenz, si glorieuse et si décisive pour les Suisses ,est-elle dans ce dernier cas? Ce fut elle pourtantqui prépara la chute de cette redoutable ligue deSouabe , de cette association guerrière de VÉcu deSaint-George , dans laquelle était entrée toute lanoblesse du midi de l 1 Allemagne qui, à l’aide del’Autriche , se flattait de réduire enfin ce rainas depaysans révoltés. A Frastenz, près d’ici, leur ar-mée comptait quinze mille combattans et étaitpourvue d’une artillerie formidable ; les confédé-rés, dont le nombre ne se montait pas au tiers, sejetèrent tous «à terre, au moment de la premièredécharge, puis setd’uèrent, avec fureur, sur lespièces qu’ils prirent et tournèrent contre leursennemis; cet expédient leur avait plusieurs foisréussi vers la fin de leurs guerres. En cette occa-sion , ils perdirent peu de monde, et il resta , surle champ de bataille, trois mille hommes d’armes,barons ou chevaliers. Les Suisses se portèrentaussitôt sur le village de Bendern qu’ils rédui-sirent en cendre, pour se venger de l’affront queleurs ennemis trop conlians leur avaient fait, en
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