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d’Arbon cl. de Itorschach , elles 11e vous apparais-sent , à l'horizon , que comme une bande étroite ,comme une ligne presque imperceptible qui sé-pare l’azur du lac, de l’azur plus foncé du ciel.Cette vaste nappe d'eau est sillonnée journelle-ment par trois bateaux à vapeur qui lui donnentun peu de mouvement et de vie. La rive suisse ,quoique peu intéressante, offre pourtant plus devariété que l’autre. Depuis Ilheineck jusqu’à Cons-tance, la contrée est riante, sans doute, mais à lamanière de ces gens qui rient toujours, et qu’011voudrait voir pleurer quelquefois, ne fût-ce quepour changer. Le sol est ici d’une fertilité extrêmeet parfaitement cultivé; on admire, au-dessus desplus belles moissons, des forêts d’arbres fruitiers,dont la plupart ne dépareraient point, par leurpoi l élégant et leurs masses pittoresques, les de-vans d’un tableau de Claude-Lorrain . J’ai de-mande à quoi 011 employait cette prodigieusequantité de fruits, et l’hôte m’a apporté, en ré-ponse, un grand verre d’un cidre pâle, aigrelet,qui ne valait guères mieux que de la piquette. Lesgens du pays s’en abreuvent, et vendent leurs vinsqui sont assez bons et en grande abondance. Ilsfont, en outre, sécher, comme provisions d’hiver,les pommes et les poires coupées par quartiers.