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été portée à un tel degré de perfection, que, d’unelivre de lin, une bonne fileuse tire un fil de deuxcent mille aunes. Les hommes que je rencontraisportaient sur la tète de petites calottes de cuir fortpropres, et entourées d’une bordure de fleurs bro-dée ou frappée en rouge. Leurs larges bretelles,en cuir piqué, étaient ornées de ciselures de cuivre,parmi lesquelles figurait un petit bœuf plaqué surla bande transversale. Il n’eût tenu qu’à moi,grâce à cette circonstance, d’importer ici, en ima-gination, les rites de l’antique Egypte , et de voir,dans ces pâtres, autant de desservans du bœufApis. Ces gens me saluaient avec un air de cordia-lité et de bonne humeur qui me plaisait. Les Ap-penzellois sont renommés, dans toute la Suisse ,pour la gaîté de leur caractère, l’originalité de leurtour d’esprit, et l’à-propos mordant de leurs ré-parties. On affirme que maintes fois des gens desautres cantons, ou des beaux-esprits allemands ,ayant cherché à les mystifier, n’ont pas eu lesrieurs de leur côté. La population de ces mon-tagnes se distingue, en outre, par d’étonnantesdispositions musicales; il existe, dans chaque vil-lage, une société de chant où l’on entend exécuterpar un grand nombre de voix, des morceaux àplusieurs parties avec un ensemble admirable. On