veaux magistrats, en concourant à la formationdes lois, soit en statuant sur des objets d’intérêtpublic. On voit ces paysans arriver des hameauxvoisins , l’épée au côté , et chantant en chœur deschansons patriotiques; ils se réunissent sur lagrande place de Trogen , au nombre de plusieursmilliers. Alors la séance s’ouvre par une prière;les magistrats, nommés l’année précédente, vien-nent, la tête découverte, résigner leurs fonctionsentre les mains du peuple et font procéder à denouveaux choix. C’est en levant la main que lescitoyens donnent leurs suffrages ; s’il y a doute, onfait voter individuellement et tous passent, à tourde rôle, devant les scrutateurs qui recueillent lesvotes. Un grand ordre, une grande décence régnenthabituellement dans cette assemblée, et, au mo-ment où le peuple reçoit le serment de ses nou-veaux magistrats, il se fait tout à coup, dans cettefoule nombreuse, un silence dont l’effet est solen-nel et imposant. Cependant cette démocratie aquelquefois aussi ses caprices etÉtes passions. En1729, des désordres graves éclatèrent à Trogen ,au sein de la landsgemeinde et firent ressortir lebeau caractère de deux magistrats, de LaurentZellweger et de son fils; leur conduite, en cettecirconstance, rappela celle de ces grands citoyens
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