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Premier volume.
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gèrent de prendre l’argent monnayé et en lingotsqu’ils y trouvèrent, préférant emporter des caissesde poivre et d’épices dont ils faisaient bien plusgrand cas. La manie des conquêtes s’empara éga-lement d’eux, et ils voulurent aussi avoir des su-jets; il fallut que leurs confédérés de la Suisse s’op-posassent à ces projets d’envahissement, en lesmenaçant de renoncer à leur alliance.

Le beau village de Teufen que j’ai traversé, en:venant à Gaiss , me fournit une anecdote qui offreun exemple de la simplicité des moeurs du pays,et de cet extérieur de bonhomie sous lequel cespaysans-magistrats cachent l’adresse et la fermetédont ils ont besoin quelquefois dans l’exercice deleurs fonctions. Le landamman de Teufen étaitoccupé à couvrir le toit de sa maison, lorsqu’il vitarriver , au nombre de cinq ou six cents , les ha-bitans d’une paroisse voisine, au sujet d’une ré-clamation qu’ils avaient à faire valoir contre sacommune; leur but était de l’intimider; il ne s’yméprit pas, affecta de continuer tranquillementson ouvrage, et lorsqu’on lui cria, du milieu decette foule tumultueuse, qu’on avait à lui parler,il répondit froidement « Eh bien ! envoyez-moiquelqu’un ici pour exposer votre affaire. » Unedéputation grimpa en effet sur le toit, au risque