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qui me parut fort sale et fort délabrée; enfin,après avoir promené mon indécision dans la plu-part des capitales de l’Europe , je me décidai pourZurich . Je n’y pus fermer l’œil, tant en raison dela dureté de mon grabat, que des agressions desinsectes sanguinaires qui y avaient élu domicile.
Il s’est passé, dans les plaines qui entourentGiornico , un fait militaire assez curieux pour êtrerapporté : Dans une de ces guerres si fréquentesentre les Suisses et leurs astucieux voisins les ducsde Milan , six cents confédérés passèrent le Saint-Gothard pour attaquer, à l’improviste, l’arméeennemie cantonnée dans les environs de Giornico .On était au cœur de l’hiver ; les Suisses qui n’é-taient qu’un contre dix , s’avisent d’un ingénieuxstratagème; ils profitent de l’obscurité delà nuitpour barrer le Tessin , et inonder devant eux lesprairies qui, le matin, se trouvent couvertes d’uneépaisse couche de glace ; alors ils s’attachent descrampons aux pieds, et, s’élançant sur le champde bataille glissant, ils culbutent sans peine lesMilanais, leur tuent quinze cents hommes, et rou-gissent la neige du sang de leurs ennemis , jusquepar-delà Bellinzona . Epouvanté de cet étrange etaudacieux fait d’armes, le duc acheta la paix etabandonna irrévocablement le val Levantine aux