Band 
Premier volume.
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462
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« Ceux qui étaient libres étaient extrêmement« libres; ceux qui étaient esclaves étaient extrê-« inement esclaves. » Parmi les proconsuls queles cantons envoyaient pour administrer le pays,il s’est trouvé plus d’un Verrès, et l’éloquence d’unCicéron a seule manqué pour flétrir les détestablesabus qui étaient passés en habitude. Comme lesamendes se percevaient au profit des baillis, quiles infligeaient eux-mêmes, on en a vu quelques-uns offrir, à leurs administrés, les occasions decommettre certains délits taxés chèrement et fairevenir, à cet effet, de Milan , des provocatrices,auxquelles ils accordaient une prime. Ce fait estconsigné dans un document officiel que j’ai vu ;c’est un exposé des nombreux griefs élevés contrela conduite arbitraire des baillis. La justice sevendait et ne se rendait pas. « Quelques juges, dith M. de Bonstetten , prenaient de l’argent de l’une« et de l’autre partie ; d’autres, plus délicats, ven-te daient de bonne foi. » Il était revêtu de la chargede syndicateur, ou juge en seconde et dernièreinstance, dans les bailliages sujets des douze can-tons, et il raconte qu’un jour il vit entrer chez luiune dame et ses deux filles qui se mirent à genouxpour lui exposer leur affaire; il les fit lever, à leurgrande surprise, et plus tard les retrouva, chez