gniers ombragent la base des montagnes, et laplaine, couverte de moissons et d’arbres fruitiers ,est parsemée d’habitations et de villages. Uneforte digue construite par les Français , temporai-rement maîtres du pays, protège Bellinzona desinondations du Tessin .
Sur un rocher qui domine la ville, on voit lechâteau de Castel-Grande , fondé, dît-on, par Cé-sar, agrandi par les ducs de Milan , et servant plustard de résidence aux baillis d’Uri, en même tempsque de citadelle pour contenir les habitans desbailliages. Les deux autres châteaux, qui portaientle nom de Schwylz et d’Untersvald, s’élèvent nonloin de là. Ces forts, dans lesquels les cantonssouverains entretenaient tour-à-tour une gar-nison nombreuse , disent assez quelle était la na-ture de l’autorité qu’ils exerçaient sur le pays. Ellen’avait rien de tutélaire ; elle était dégradante etcorruptrice, et bien du temps se passera avantque les traces de ce long asservissement aient com-plètement disparu du caractère et des mœurs dece peuple-ci. Les rapports des Suisses envers luiétaient ceux des Turcs envers les Grecs, car il nefa ut pas perdre de vue que, naguères encore, dansla patrie de Guillaume Tell , se vérifiait ce qu’a'dit Montesquieu au sujet de Itome et de Sparte :