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Comme le chemin de Versailles , celui du Nord aeu son baptême de sang ; dès le premier jour, le 8juillet, MM. les administrateurs et autres, ont su lanouvelle ; elle leur a servi à brocanter des actions, àpiper l’argent des dupes. Que les tribunaux les con-damnent à deux cent mille francs de dommages-inté-rêts, la complaisance ministérielle qui, pendant qua-rante-huit heures, a caché la nouvelle, leur a faitgagner des millions. Quand on a agioté sur les cada-vres de Waterloo , on peut agioter sur ceux des vic-times du Chemin du Nord!
Le 8, M. Dumon a reçu une dépêche et il s’est tu,et il a laissé des exploiteurs jouer à coup sûr. Le 9, ila reçu un rapport du préfet, et il s’est tu encore, etles agens de M. James Rothschild ont osé prétendreque les bruits alarmans étaient faux, qu’ils étaientpropagés par la malveillance, pendant que le mondeofficiel mentait, ou se taisait, ou volait à la Bourse .M. Rothschild savait bien ce qu’il faisait quand ildonnait au pair tant d’actions, quand un grand per-sonnage en recevait mille pour sa part. L’auteur deGuerre aux Fripons a dit, il y a huit mois : « Ces pro-digalités s’adressaient à des juges. » Avait-il raison?L’exploitation de M. Rothschild débute par des ca-davres. Cet homme n’avaii-il pas assez de notre or,lui livrera-l-on jusqu’à notre sang? Les tribunaux se-