Band 
Second volume.
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40
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J’en citerai pour preuve une bouffonnerie auda-cieuse, à la suite de laquelle on aurait bien pu luiaplatir, à coups de bâton, la double bosse qui lecaractérise. Ce facétieux personnage entre en scènetout triste ; il a fait de mauvaises affaires, il a prisdes bons colombiens , bref le voilà ruiné et ne sa-chant plus où donner de la tète. Pendant qu’il selamente , arrive un sergent recruteur, qui chercheà tirer parti de sa mauvaise fortune pour le lancerdans la carrière des armes, dont il lui énumèreles avantages. Polichine] secoue la tête d’un^airpeu convaincu. — C’est bel et bon, dit-il, maissi je perds un bras à la guerre, que m’en revien-dra-t-il? — Vous êtes aussitôt nommé sous-offi-cier. — Et si je perds aussi l’autre? — Alors vouspassez capitaine $ c’est de droit. Polichinel estébranlé; il poursuit ses questions auxquelles soninterlocuteur répond dans le même sens. Enfin,après la perte de la seconde jambe, il a la certi-tude d’être général ; Polichinel est à moitié séduit.■( Un moment! s’écrie-t-il, si le guignon voulaitqu’un maudit boulet m’emportât la tête ? — Oh !pour le coup , répond le sergent, vous seriez fait,sur l’heure, gouverneur de Milan ; cela ne pour-rait vous manquer. »

Le jour de mon départ, je suis monté, à cinq