Band 
Second volume.
Seite
41
JPEG-Download
 

heures du matin, sur le Dôme, du haut duquelj’ai joui d’une de ces vues dont le souvenir ne sau-rait s’effacer de la mémoire. La pluie de la jour-née précédente avait donné à l’air une transpa-rence extrême qui me permettait de ne rien perdredes nombreux détails de cet admirable coup d’œil.Une majestueuse ligne de sommités neigeuses cou-ronnait un horizon immense et régnait depuis lesplus hautes cimes du Tyrol, jusques par delà leMont-Rose , se détachant, par son éblouissanteblancheur, sur un ciel d’une pureté et d’une nuancetoute méridionales. L’œil errait sans obstacles surces plaines si riches et si verdoyantes de la Lom-bardie , qui se perdaient au loin dans les vapeursdu matin; les alentours de la ville, ombragés d’ar-bres, de bosquets, semblaient un vaste jardin an-glais d’où s’élevaient des fabriques élégantes. Ames pieds se déployait Milan décoré de ses palaiset de ses églises pittoresques, et donnant l’intérêtdelà vie et du mouvement à ce magnifique tableauque le soleil levant inondait de lumière. Le Dômelui-même quiformaitle premier plan, était d’un ad-mirable effet; la vue, plongeant sur son ensemble,s’égarait dans le dédale des rampes, des galeriesde marbre, au milieu de cette forêt d’aiguilles blan-chissantes et de ce peuple de statues qui semblait