moment où un digne rejeton de cette famille illus-trée , après avoir, à la tête du peuple, chassé lesAutrichiens de sa ville natale, rentrait dans sesfoyers aux acclamations de ses concitoyens.
La décoration intérieure du palais des doges ,remarquable par l’effet de sa façade en stuc, imi-tant le marbre de Carrare, est d’une grande ri-chesse. La salle du conseil où avait lieu la cérémo-nie de l’installation du doge, offre une profusionde dorures, de rosaces, de moulures qui fatigueet ne répond pas à la destination de cette piècedont les dimensions sont grandioses, sans l’êtreautant cependant que celles de la fameuse salle del’hôtel-de-ville d’Amsterdam qui est ce que j’aivu de plus imposant en ce genre. Les curieux ad-mirent beaucoup, ici, trente huit colonnes d’unmarbre précieux (brocatelle) qui soutiennent lavoûte. Tout autour de cette vaste salle sont ran-gées les statues de plusieurs doges, ainsi que dequelques-uns des principaux citoyens de la répu-blique. Autrefois ces statues étaient en marbre,mais la populace, dans l’élan de son zèle démo-cratique, les jeta par la fenêtre , lors de la révolu-tion. En examinant de plus près celles qui les ontremplacées , je découvris qu’elles étaient bienréellement drapées, avec beaucoup d’art et d’élé-