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muet, et il s’était mis en tète de l’instruire. Al’aide d’une grande sagacité, et d’une infatigablepersévérance que la tendresse paternelle et l’amourdu bien peuvent seules inspirer, il avait réussi,et les parens dont les enfans étaient affligés de celledéplorable infirmité les lui adressaient. Lorsqueje le vis, il avait déjà rendu, à leur dignité d’hommeet à la vie sociale, plusieurs de ces infortunés.
J’ai, dans la chambre contiguë à la mienne,un voisin qui joue du violon pendant quatre oucinq heures par jour; je l’entends étudier, redirevingt fois de suite les mêmes passages, s’inter-rompre , reprendre , s’exercer enfin avec une pa-tience bien digne d’un meilleur résultat. C’est unepassion malheureuse, sinon pour lui, du moinspour moi, car l’excessive chaleur m’empêche deme soustraire , par la fuite, à cette raclerie déses-pérée. J’ai eu la curiosité de savoir quelle figureavait ce bourreau de mon tympan et j’ai reconnu,à ma grande surprise, que c’était un homme àcheveux blancs, écolier au moins sexagénaire, quise livrait avec cette ardeur toute juvénile , auneétude d’autant plus ingrate qu’elle est plus tar-dive. Byron a bien raison ! l’âge ne se mesure passur le temps qu’on a vécu, mais sur ce qu’on aéprouvé, et sur la manière dont on a vécu. Tant