Band 
Second volume.
Seite
73
JPEG-Download
 

pliquait en quelque sorte l’intention et l’espoir d’yfaire succomber, et ajoutait que se servir d’un sem-blable mot, c’était faire jouer, à l’être souveraine-ment bon, le rôle de l’auteur de tout mal. Letexte hébreu signifiait, selon lui : Ne nous laissezpas succomber, et c’est en effet une des variantesde la version française .

Le voisin de l’hébraïsant était un avocat ,homme singulièrement spirituel, doué d’une ins-truction variée et approfondie, de plus, grand lati-niste. Ses traits mobiles, ses gestes pétulans et saconversation pleine de feu et de saillies contras-taient plaisamment avec le flegme du professeur.L’un et l’autre s’exprimaient en français aussi faci-lement que moi, et leur entretien, agréable et ins-tructif, ne contribua pas peu à me faire prendregaîment mon parti sur la longueur d’une routeinsignifiante, parcourue pendant les fortes cha-leurs. Notre latiniste commença par nous appren-dre l’étymologie du nom de polcifera , donné à lavallée qui aboutit auprès de Gênes , et sur le ver-sant de laquelle serpente la route de la Boehetta.Ce nom, suivant les antiquaires du pays, étaitévidemment une corruption de porcifera , ( abon-dante en porcs) attendu que la vallée renfermait,aux temps des Romains , de vastes forêts de chêne