où nous devions coucher. C’est une grande et vi-laine ville, jadis couverte en paille, ou bâtie entorchis, ainsi que son nom semble l’indiquer.Elle n’a rien de remarquable, si ce n’est sa posi-tion stratégique qui l’avait fait choisir, par le plusgrand capitaine des temps modernes , pour y réa-liser un projet gigantesque, lequel se liait à sesplans de domination universelle... Napoléon vou-lait en faire une place forte qui, assure-t-on , eûtété imprenable, au moyen d’un système nouveaude fortifications, différant essentiellement de ce-lui des Vauban et des Cohorn. La ville eût été miseen état de contenir une garnison de soixante millehommes avec un matériel proportionné et des vivrespour deux ans. Cette armée aurait été en communi-f^cation avec la France et le royaume d’Italie, aumoyen delà superbe route de la Corniche, com-mencée dans ce but. C’était, dit-on, une savanteet profonde conception militaire , dont la réalisa-tion eût mis l’Autriche dans l’impossibilité de sur-prendre nos frontières et de défendre efficacementles siennes. En 1814, une trentaine de millionsavaient déjà été dépensés en travaux qui ont étéen partie détruits. C’était un général du génie,nommé Chasseloup, qui en avait la direction. 11lui avait fallu démolir bien des maisons, sacrifier
Schliessen