d’un jeu de physionomie qui le rendaient on nepfeut plus comique.
Ces messieurs me firent remarquer une immenseplaine, au milieu de laquelle on apercevait unméchant village, ce village était Marengo. C’est làque se sont jouées, au jeu sanglant des batailles,les destinées de l’Europe , et qu’une éclatante vic-toire fut remportée, au nom de la liberté qui n’ya pas gagné beaucoup comme la suite l’a prouvé.Nos soldats ne se doutaient guère alors que leursarmes triomphantes préparaient à leur patrie desfers qui, pour avoir été cachés sous des lauriers,n’en ont pas été moins lourds. Us s’en seraientdoutés, après tout, qu’il n’en eût pas été autre-ment. A cette époque, il y avait, dans nos armées,beaucoup moins d’idées de liberté et ‘de patrio-tisme qu’on ne s’est plu à le croire, et si l’événe-ment ne l’avait pas suffisamment prouvé, je ren-verrais à l’auteur que je viens de citer.
L’empereur avait fait élever un monument surle champ de bataille de Marengo ; les Autrichiensl’ont démoli. Eh ! qu’importe en définitive, unecolonne de plus ou de moins? Est-ce une pierrequi a transmis jusqu’à nous le souvenir des vic-^toires d’Alexandre et de la honte des Perses ?
Nous arrivâmes le soir à Alexandrie-de-la-paille