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Second volume.
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leurs paniers vides à leurs côtés, et prenant leurtasse de chocolat. Quand j’eus payé la mienne, jereconnus que c’était, tout bien compté , le déjeû-ner le plus économique qu’elles pussent faire. Lelendemain, je voulus voir un café plus fashionable ,et j’allai, dans la rue du Pô, à celui qui est lerendez-vous des élégans. Il y en avait plusieurslorsque j’y entrai, et je les voyais, après avoirpayé, recevoir du premier garçon, de petits pa-piers portant des numéros. Je demandai ce quecela signifiait ; l’on me montra, exposées sur unetable, deux bécasses et une de ces truffes de Pié-mont si estimées , et dont la forme , la couleur etle goût diffèrent essentiellement des nôtres (c’estl’ail de l’aristocratie). Ces objets étaient en loterie,et l’heureux gagnant avait, pour vingt sous, cesdeux morceaux dignes des dieux. Les habilans deTurin , assure-t-on, ne fuient pas ce genre d’a-pothéose.

Ces loteries de comestibles me paraîtraient assezinnocentes , malheureusement elies ne sont pasles seules, et les mots de banco di lotto reale m’ontappris que ce pays avait, aussi lui, accueilli, ouconservé cette funeste invention qui, au moyende je ne sais quelle escobarderie , a pénétré, dit-on , jusque dans les états de l’Église. La loterie et