Le Lac-Majeur me plaît infiniment plus queceux de Lugano et de Corne qui, l’un et l’autre ,sont trop encaissés, comme je Lai observé. Lesrives de celui-ci, au contraire, gracieusement on-dulées, s’élèvent, en gradins, jusqu’aux hautesmontagnes qui dominent le lac au nord et sontombragées de massifs d’arbres, peuplées de ha-meaux et d’habitations qui en rendent l’aspectaussi riant que varié et pittoresque. J’ai remarquésurtout le joli château d’Angera qui, doré par lesderniers rayons du soleil, couronnait une émi-nence dont les revers boisés offraient de ces bellesteintes chaudes, particulières aux contrées dumidi. On peut dire , de la vue du Lac-Majeur , quec’est un paysage de Suisse sous un ciel d’Italie .
Les amateurs de curiosités me sauraient mau-vais gré de passer Arona sans les entretenir de lafameuse statue colossale de saint Charles Borro-mée, dont je n’ai pas cru devoir tenter l’escalade,aimant mieux m’en rapporter à ce que le montreurm’en a dit. D’après son récit, un homme de grandetaille peut s’asseoir dans le nez du saint, aussi àl’aise que dans une bergère, et, debout sur lamâchoire inférieure du colosse; il peut à peine,en étendant le bras, toucher le sommet de sa tête,dans l’intérieur de laquelle dix personnes tiennent