fin de l’été, vous voyez, sur des points que vousjugeriez inaccessibles, jaunir de petites pièces deblé qui, de loin, ressemblent à des coupons denankin. Ailleurs, pour arroser un pré de quel-ques arpens, suspendu sur le penchant de la mon-tagne, le paysan va prendre, à une grande dis-tance, souvent à plus d’une lieue, les eaux d’unesource élevée qu’il conduit, en dépit des obstacles,au moyen de troncs de sapins creusés, jusqu’à sonhéritage, ou, pour mieux dire, sa conquête. J’aivu beaucoup de ces aqueducs rusliqtfts qui éton-nent par leur hardiesse. Us sont jetés sur des pré-cipices, ou rampent le long d’une paroi verticaleà laquelle ils sont fixés par des crampons de fer.
J’ai observé également un procédé aussi simplequ’ingénieux qu’emploient les habitans pour seprocurer des fonds de terre, là où manque lout-à-fait la couche végétale. Ils forment, le long duRhône , des encaissemens en pierres sèches, hautsde dix-liuit pouces à deux pieds, et de l’étenduequ’ils veulent donner à leur champ; dans la partiesupérieure, ils pratiquent une ouverture par la-quelle arrivent, au moyen d’une saignée, les eauxlimoneuses du fleuve qui, retenues dans cette en-ceinte , y déposent les parties terreuses et les dé-tritus végétaux qu’elles y ont apportés. En répé-II. 9