« lique, d’un roy très chrestien, et d’aucuns des« signes, se disant estre les défenseurs du saint-« siège, les champs de Marignan ont esté maculésu de tant de sang que dire assez ne se peut. Biena 4.0,000 d’une face, assavoir François en ma-■1 jeure part, aussi Yeniziens et lansquenets; deu l’autre face seulement 1^,000 ou t 5 ,ooo gens de11 pied, reliquat de l’armée des ligues suisses, au-11 eu nés grandes bandes d’icelles estant ja despar-« ties; tous lesquels vaillans fols se sont là brave-« ment eschinés, deux jours durant, avec ragea et fureur, comme vrais diables, contre Dieu ,u sens et raison, tout juste cinq jours après avoiru juré, des deux parts, tant bonne et saincte paix. »J’ai un faible pour les chroniqueurs, et le lecteurne s’en est peut-être que trop aperçu ; je trouvechacune de leurs pages empreinte d’une origina-lité naïve qui devient de plus en plus rare , et dontLafontaine a offert le dernier modèle. On voitqu'ils n’écrivaient pas pour le public; ces hommessimples n’avaient d’autre but que d’épancher leurssentimens intimes , de fixer leurs impressions, detransmettre le récit des événemens auxquels ilsavaient assisté, ou qu’ils tenaient de témoins ocu-laires, et ne se souciaient nullement de faire dustyle; jamais ils 11e sacrifiaient à cette pruderie11 . 11
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