des convenances littéraires et autres, aux exi-gences de laquelle les auteurs de profession nepeuvent parvenir à se soustraire. Aussi rien nesent le métier dans leur manière d’écrire ; leur al-lure est libre, et chacun d’eux conserve son indivi-dualité propre ; il n’existait pas alors , pour tout,des phrases toutes faites, à l’usage de tout lemonde ; chacun avait, en quelque sorte, à secréer ses formes de langage et à trouver ses expres-sions; c’est ce qui fait qu’elles étaient si souventneuves, spontanées et pittoresques, et puis, àcette époque, ceux qui tenaient la plume, pourcoucher par escrit les faits et gestes des contempo-rains , étaient, le plus souvent, ceux-là même quiavaient manié l’épée, dirigé les conseils des rois etconduit les négociations. Pour beaucoup la chro-nique tenait lieu de mémoires, à cela près que cesmémoires étaient écrits en robe de chambre , tan-dis qu’avant de s’asseoir pour rédiger les leurs, leshommes marquans de nos jours posent, commeBuffon, devant le miroir pour mettre la dernièremain à leur toilette et se faire beaux. Cette pro-lixité même, que l’on reproche à ces écrivainssans art, n’est pas dénuée d’intérêt pour le lecteurattentif ; il y pénètre la pensée secrète , les préoc-cupations de l’auteur; il y retrouve la trace des
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