— 192 —
Diablerets, est pittoresque et intéressante ; lesliabitans de cette haute vallée ont chacun jusqu’àhuit et dix habitations qu’ils occupent successive-ment pendant la saison de Palpage-, c’est l’idéalde la vie nomade. La plupart des femmes portentdes culottes.
En s’éloignant du château de Chillon , le voya-geur a en perspective un autre vieux manoir quis’élève d’une manière romantique, à mi-côte au-dessus de Vevay; c’est le Chatelard , jadis la rési-dence de l’ancienne famille de Gingins et le sièged’une baronnie considérable. Cette simple tourcarrée , imposante par sa masse et son élévation ,a été bâtie sur l’emplacement d’une forteresse féo-dale bien plus considérable , à en juger par le pas-sage suivant tiré d’une vieille chronique : « Lors-« que le duc de Savoie , Charles III, s’en vinst en« un banquest chez le sire de Gingins ; (en i 352 )a lors, à sa rencontre, issirent trois cents compa-« gnons bien embastonnés (armés) et tous en belle« ordonnance. » Cette habitation est aujourd’huidéserte et parait fort délabrée.
Vevay est une jolie petite ville, placée le plusfavorablement possible pour jouir à la fois de lavue du lac, se développant en entier aux yeux duspectateur, et de celle de l’entrée de la vallée du