Band 
Second volume.
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196
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prospérité du pays! Nul moyen de trouver unevoiture dans les sales et laids villages que la routetraverse, et d’ailleurs, sur la foi de mon Ebel, j’es-pérais toujours arriver ; je crois que je mis près dequatre heures à faire ces quatre lieues ; c’était àen bouillir d’impatience et de chaud. Des vigne-rons charitables m’offrirent obligeamment de leursdélicieux raisins; que Dieu les leur rende !

En arrivant à Lausanne , je crus tomber au mi-lieu d’une colonie étrangère ; conversations an-glaises dans les rues, tournures anglaises sur lespromenades , livres anglais chez les libraires , toutce que je voyais enfin, tout ce que j’entendaism’eût fait accroire que j’étais transporté au-delàdu détroit, si un ciel du plus bel azur, un soleilbrillant , une perspective admirable, n’eussentrendu une pareille illusion impossible. Les étran-gers affluent ici ; c’est une ville de bonne chère etde plaisirs , où l’on vit à meilleur marché qu’à Ge-nève . Les habitans y sont plus polis , sociables, etfont preuve d’une hospitalité très propre à attireret à retenir chez eux les voyageurs qui veulentplanter le piquet pour quelques mois. Genève neleur offre pas les mêmes facilités surtout en ce quitouche les relations sociales; on ne s’v trouve bienque lorsqu’on est connu , et les Genevois se mon-